Bonjour à tous.tes !
Je suis très heureuse de vous retrouver ce mois de juin avec un nouvel auteur qui a accepté de participer au projet
12 mois, 12 auteurices engagé.e.s francophones !
(Pour rappel, pendant toute l’année 2026, je vais avoir l’honneur d’interviewer des auteurices engagé.e.s et vous partager leurs réponses chaque mois !)
Aujourd’hui, c’est Tom Lévêque qui a accepté de se dévoiler et de nous partager un peu de lui, de ses pensées, de ses rêves, mais surtout de son engagement !
Tom a de nombreuses casquettes : auteur, éditeur, spécialiste de la littérature ado et… drag queen ! Il a fondé avec Nathan (son frère qui est tout aussi génial que lui) les éditions du Grand Peut-être et a publié En quête d’un grand peut-être qui est une référence inratable dans la littérature ado. Il écrit de la poésie, des nouvelles, des romans (mais il vous en parlera un poil plus loin) mais aussi un livre hommage à Pierre Bottero. Il a également cofondé, avec d’autres auteurices de littérature ado et jeunesse, la Maison de la Littérature Jeunesse Francophone située au Mans. Enfin, après toutes ces incroyables activités, Tom est aussi Drag Queen : Minet Chéri·e.. et elle déchire ! Franchement, n’hésitez pas à aller la suivre sur les réseaux sociaux ! Elle fait des shows qui donnent chaud tellement ils sont géniaux (oui je deviens poète tellement c’est waw ahah) !
Enfin… Trêve de rêveries fabuleuses… Je vous remets ici toutes ses productions déjà sorties :
Mais si vous voulez connaître quelques détails qui ne seront pas marqués dans ses biographies habituelles Tom adore le film Pride et la série Please like me. Le matin, pour bien débuter sa journée, il lui faut une bonne tasse de thé. Et si vous voulez lui proposer une activité à faire ensemble, allez voir la mer avec lui après une petite balade en vélo pour s’y rendre, mais s’il souhaite rester seul, sachez qu’il sera en train de passer des heures à ranger, réarranger, ordonner ses livres dans sa bibliothèque ! Enfin, s’il se sent un peu patraque, n’hésitez pas à lui cuire un cordon bleu, c’est sa confort food (et je comprend carrément !!). Si Tom devait se trouver dans un univers de jeu de rôle, ça donnerait à peu près ça (on était obligé pour son personnage de mélanger ses envies à sa drag !!) :
(Encore MERCI à Jeanne pour le travail d’illustration qu’elle fait chaque mois !!! @pilalire)
Après toutes ces petites infos croustillantes, je vous propose d’en venir à l’interview en elle-même ! Chaque mois je pose à l’auteurice mis.e en avant quelques questions sur son travail et son engagement. Ce seront toujours les mêmes questions (sauf une !) afin de pouvoir vraiment voir les différences de points de vue et de manière d’agir à son échelle.
Alors c’est parti pour découvrir les superbes réponses de Tom !
Q : Quels sont tes 4 coups de cœur absolus en lecture ? (et si tu peux détailler pourquoi)
R : · Songe à la douceur (de Clémentine Beauvais), le livre que j’ai relu à chaque fois que ça n’allait pas côté amour
· Chromatopsie de Quentin Zuttion, le livre qui m’a aidé à me sentir fier de ma queerness
· Björn de Delphine Perret, pour la tendresse simple
· Ellana de Pierre Bottero, pour la poésie dans un roman ado
Q : Quel est ton thème de prédilection (un seul !) à écrire ? Pourquoi est-ce celui-ci principalement ?
R : La queerness, pas seulement dans les trajectoires intimes mais aussi dans ce qu’elle permet de révolutionnaire dans nos sociétés : de nouvelles façons d’aimer, de relationner avec les autres que ce soit en famille ou entre ami-es, dans ce qu’elle permet de construire d’éminemment neuf.
Q : Quels sont les thèmes engagés qui te tiennent à cœur et que tu aimes intégrer à tes histoires ?
R : J’essaie de parler du fait d’être queer mais aussi le plus possible de ramener ce thème à son essence politique.
C’est difficile car le côté « politique » est souvent justement dépolitisé. Être politique dans un livre ce n’est pas seulement « montrer » des personnages LGBTQIA+, mais c’est aussi raconter, comme je disais plus haut, ce que cela change dans leur vécu. Il ne s’agit pas de plaquer un vécu hétéro sur un personnage queer.
Par ailleurs, j’aime aussi y ramener le côté militant : l’importance que ça a, par exemple avec Fiertés queers, de montrer des personnages historiques qui ont depuis longtemps certes été queers (sans qu’on ne le sache forcément parfois !) mais aussi qui, pour certains, ont lutté, pas seulement pour nos droits mais aussi dans des logiques intersectionnelles.
Q : Sur quel sujet aimerais-tu faire un livre ? Qu’est-ce qui te bloque ?
R : Sur le fait d’être fan ! Je trouve que les fangirls ou fanboys sont souvent décriés alors que, l’étant moi-même, cela apporte beaucoup de réconfort, de joie, voire de liens et de rencontres aussi. La seule chose qui me bloque… C’est le temps ! Mais promis, un roman arrivera sur le sujet, tôt ou tard ! 😉
Q : Quel est LE stéréotype qui t’énerve plus que tout dans les livres ?
R : Le personnage queer mal dans sa peau à qui il arrive des malheurs et dont la trajectoire n’est que de faire son coming out. Le stéréotype vient souvent d’une réalité, et il faut encore dire ces histoires aussi… Mais j’en ai marre de ne lire que ça et j’aimerais soit que ces personnages soient plus développés, plus épais, soit qu’on leur fasse vivre autre chose. Je veux des histoires queers joyeuses, pleines d’horizons ouverts et de possibles heureux !
Q : Quel est ton projet (littéraire ou non), dont tu es le plus fier ?
R : Mon roman, qui arrive l’an prochain ! 😉 Il s’appelle Lucas, Aloïse et les autres, et je travaille dessus depuis sept ans… Il me tarde qu’il soit enfin entre les mains des lecteurices.
Q : Quels sont les prochains projets que tu voudrais nous teaser ?
R : À part mon roman, je suis sur un projet de recueil de poésie pour adultes qui parlera de violence dans une relation gay, un projet de roman pour adultes autour du personnage de Cocteau… et une petite série de romans pour la jeunesse dont je ne dis rien d’autre pour l’instant si ce n’est que ce sera légendaire !
Q : Est-ce qu’être engagé a été un frein, un levier ou a eu un réel impact sur ta carrière ?
R : Les deux. Cela me distingue forcément dans une industrie qui a intégré cet engagement comme logique économique et capitalistique… mais je vois bien que sur les réseaux et dans les algorithmes, il est plus difficile de trouver un large public quand de simples mots que l’on utilise peuvent être bannis ou shadowban.
Q : As-tu déjà regretté d’avoir parlé d’un sujet précis ?
R : Non, jamais. Parfois, je me dis quelques mois ou années plus tard que je l’aurais fait autrement aujourd’hui… Mais j’ai toujours été très fier de pouvoir parler librement.
Q : La rencontre la plus marquante avec un.e lecteur.ice de ta vie ?
R : Celle qui nous a dit, à Nathan et moi, que En quête d’un grand peut-être (livre théorique assez exigeant !) l’avait remis sur les chemins de la lecture.
Q : Quel conseil donnerais-tu à un enfant qui te dirait qu’il se cherche et a du mal à trouver sa place ?
R : Qu’iel doit rester lui ou elle-même. Dans ce qu’iel a de bizarre, de convenu, de dérangeant, de beau, de moche… Et ce n’est pas toujours dans de grandes choses : cela se cache parfois dans un amour du thé, dans une envie de porter du rose, dans celle d’écrire, de dessiner, de danser, de faire du foot ou rien de tout cela. On ne change le monde qu’en étant bien avec soi et avec les autres !
Un grand merci à Tom pour ses douces et inspirantes paroles ! Je suis ravie d’avoir pu l’interviewer. N’hésitez vraiment pas à le suivre sur ses différents réseaux, il nous réserve plein de projets géniaux ! Merci encore infiniment, j’espère que vous aurez aimé cette interview au moins autant que moi !!
N’hésitez pas à me proposer des auteurices francophones engagé.e.s, pour l’instant la liste n’est pas totalement figée (il reste de moins en moins de places, donc dépêchez vous ahah !) Et rendez-vous en fin de mois prochain pour une nouvelle interview !

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